mardi 10 avril 2012

Une brève histoire des plain people


Mennonites de Pennsylvanie - photo : Lorcan Otway
Les plain people sont, par définition, des gens de la plaine. Expression d’origine anglo-saxonne, elle désigne des groupes originellement chrétiens, ayant fait vœu d’une vie plus modeste. Le vocable ‘plain people’ recouvre ces groupes qui ont su, à travers le temps, conserver des usages et des coutumes d’une époque particulière, en les ancrant dans un dogmatisme religieux assez strict, tels que les Amish et certains autres Anabaptistes comme les Huttérites, les premiers Quakers, et plus récemment, des groupes de chrétiens sans dénominations ou encore ces ‘Plain Catholics’ ayant à cœur de retourner à un style de vie où les possessions, dont les vêtements, ne sont jamais magnifiées ni pour ce qu’elles sont, ni pour ce qu’elles pourraient nous amener à donner comme images de nous-mêmes. L’image légèrement caricaturale de la famille ‘plain’, dont les vêtements soulignent un choix de vie différent, sera par exemple celle des Amish du film ‘Witness’ ou celle de ‘La petite maison dans la prairie’. Anecdote amusante : la plupart des acteurs de la série télévisée étaient … Mormons1 ! Mais c’est autre histoire …
 
Alors que beaucoup croient que ces groupes sont originaires des Etats-Unis, il n’en est rien. C’est en Europe que leur mouvement pris forme, aux alentours des années 1520, soit quelques années à peine après la naissance de la Réforme protestante. C’est comme Anabaptistes que ces chrétiens radicaux furent identifiés, puisqu’ils refusaient le baptême des enfants au profit d’un baptême de conversion, lié à un choix personnel et raisonné. La plupart d’entre eux étant néanmoins catholiques avant de se convertir à la Réforme, ils se firent donc baptiser une seconde fois (an-). Dès la naissance du mouvement, ses partisans s’illustrèrent par leur active non-violence, leur liberté de conscience, et une relecture de la Bible plutôt littérale. Comme conséquence de leur activisme, ils furent pourchassés, condamnés et même sacrifiés, tant par les catholiques, que par les protestants classiques ! L’histoire veut ensuite que les Anabaptistes aient gagné à leur cause un prêtre catholique, Menno Simons. A partir de 1537 environ, on parle alors des Anabaptistes comme des Mennonites.

Pour deux raisons, les deux siècles qui vont suivre seront synonymes de bien des schismes pour ces Mennonites. D’abord, à cause des persécutions et de l’expulsion des Mennonites de France par Louis XIV en 1712, les Mennonites vont se disperser, en Europe d’abord, puis vont s’exiler jusqu’aux Etats-Unis. C’est en Pennsylvanie que les plus radicaux d’entre eux, les Amish, fonderont leur première colonie en 1737, sous la protection de William Penn, célèbre Quaker à l’origine de l’Etat, et protecteur zélé des minorités religieuses. 

Aujourd’hui, il est difficile de dire précisément combien le monde compte de Mennonites. Ils seraient environ 2 à 3 millions, en ce compris une population de 180.000 Amish. Les Amish sont plus précisément répartis principalement entre l’Etat américain de Pennsylvanie (mais aussi dans une vingtaine d’autres Etats), l’Amérique du Nord (aux côtés des communautés Huttérites), et dans de moindres proportions, l’Europe occidentale.

1 L’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est davantage connue par le surnom donné à ses membres : les Mormons. Secte chrétienne fondée aux USA, elle se base sur la ‘révélation’ de Joseph Smith et de son ‘autre testament de Jésus-Christ’, autour du récit de Jésus-Christ en Amérique après sa résurrection, parmi d’autres aberrations théologiques et doctrinales (voir notamment 2Co11,4 et Ga1,8).